13-03-2008

Permalink Pays: Australie

Comme un poisson dans l'eau

Comme un poisson dans l’eau je nage au milieu de ces collines poivre et sel.

Glissant sur leurs flancs colorés, me cachant dans leurs grottes mystérieuses, slalomant entre les arbres, roches et algues. Le sourire à l’ envers non pas de tristesse mais d’admiration, de respect devant ce lieu serein où l’esprit se perd loin des tracas de la ville.

Au fait ca fait combien de temps que je ne suis pas vu une ville, une vraie ?

Il y a 70 millions d’années il y avait la mer. Et il n’est pas difficile de s’y sentir poisson. Imaginer une époque où il faisait plus frais. Le calme, le silence de la nature, un horizon infini… Ces rivières ou l’eau ne coule plus. Ces arbres solitaires perchés au milieu du ciel…

Il y a 70 millions d’année il y avait la mer. Maintenant c’est une immense surface rocheuse qui sert de terrain de jeu aux Gallahs, serpents, dingos et autres créatures du désert. Du blanc du gris des rouges dans toutes leurs variations. Et le silence de la nature, le vide qui remplit les yeux, la paix.

Le téléphone sonne interrompant ma rêverie.

“-Hi Anna Joey is sick can you come tonight?

-What time? -5.30

Je jette un coup d’œil à l’horloge de la voiture : 3pm

-I’ll be there. »

Depuis quand Telstra fonctionne dans le desert ? Mystères de l’électronique.

En raccrochant je regarde de nouveau l’heure, sur mon portable cette fois. L’est pas 3h du tout, mais une heure de plus. L'électronique encore...

Mon neurone se met en fonction rapidement (on appel ca la réactivité il parait) : je pensais avoir 2h devant moi, je n’ai qu’une heure et demi pour rentrer (une demi heure de route), sortir mon linge de la machine à laver et le sécher,  prendre une douche, manger et aller au boulot (20 minutes à pied). Comme d’hab le retour à la réalité est rude, mais tout est rude dans le bush.

Je regarde une dernière fois ce qu’ils appellent les Breakaway, va savoir pourquoi. Puis mon pilote du jour : « Let’s go » .

Apres tout il fait 40 degrés, la seule eau qui couvre ma peau est celle de ma sueur et si je reste plus longtemps, c’est pas des écailles qui va me pousser mais des plaques rouges de brulures… M’en fout je reviendrais…Ca ne fait que la deuxième fois cette semaine.

01-03-2008

Permalink Pays: Australie

Coober un mois apres

La vie a Coober Pedy ?

Par ou commencer ? Certainement pas par le début !

Ca fait un mois que j’ai ré atterri dans cette ville lunaire au milieu d’un espace intersidéral composé de poussière et de mouches.

Il est dit que la capitale mondiale de l’opale offre de nombreuses attractions. C’est vrai. Je ne parlerai pas de la fameuse maison troglodyte de Crocodile Harry : tous les guides en parlent et je n’ai pas été visité. Je ne parlerai pas non plus de l’unique Golf Club, unique parce que l’herbe ni pousse pas : je n’ai jamais aime le golf. Je ne parlerai pas non plus de l’Old Timer Mine que tous les touristes vont visiter : ca fait 4 fois que je viens a Coober Pedy et 4 fois que je visite des mines en activité. Entendez par la des mines ou des mecs s’évertuent à casser des cailloux sur des machines réparées a coup de morceaux de scotch, dans l’espoir un jour de faire fortune en trouvant LA grosse opale.

Non je veux parler des vraies attractions de Coober Pedy, celles qui font que me voila de retour même si je me demande toujours pourquoi je suis revenue.

Parmi celles-ci :

=>Les locaux. Ces (je me site) « mecs s’évertuent à casser des cailloux sur des machines réparées a coup de morceaux de scotch, dans l’espoir un jour de faire fortune en trouvant LA grosse opale. » Ces mecs qui comment moi sont arrivés ici pour passer des vacances. C’était il y a 36 ans. Marrant ca ils sont tous arrivés à la même époque. Une époque ou les machines n’existaient pas mais l’opale tapissait ton chemin. Ah mais ils l’ont trouve l’opale. Ils ont fait fortune. Mais la roue de la fortune tourne et redescend, alors ils continuent dans l’espoir qu’elle remonte un jour. Français, Grecs, Roumains, Croates, chacun y va de son Broken English pour te raconter ses espoirs. Y en a même qui réussissent après quelques verres à avouer : ils sont ici parce que à 70 ans il est dur de quitter les vieilles habitudes. Et leur habitude à eux c’est creuser et rêver.

=>Les engins. Un vrai cimetière de science fiction. Partout des vieilles bagnoles déglinguées. Des blowers (aspirateurs géants montés sur camions pour aspirer la poussière issue du creusage dans les mines) rouilles et sans moteurs. Des morceaux de pneu, de moteur, de chaine. Des véhicules qui semblent avoir appartenus aux dinosaures. Et qui sont toujours en fonctionnement !!! Enfin presque. Bien souvent il faut un camion pour en remorquer un autre : la machine fonctionne mais pas le moteur.

=>Le drive-in. Je l’adore. Peut être parce que même en Australie ils commencent à les fermer. Peut être parce qu’il me rappelle la scène de « Priscillia queen of the desert ». Peut être parce qu’avoir un peu de cinéma dans cette terre sans imagination c’est tellement irréel que j’aime. Le hic et j’y reviendrai plus tard c’est qu’il y a qu’un film toutes les 2 semaines. Et que c’est le samedi.

=>L’opale. Parce que faut pas se leurrer : c’est pour ca que tout le monde viens a Coober Pedy. Un morceau de caillou plein de couleur.

Ok ceci étant mis au point qu’est ce que JE fais REELLEMENT a Coober ? J’y étais venu pour la mine of course. Mais of course rien ne se passe jamais comme prévu. Je me souviens de quelqu’un qui m’a dis un jour « si ta vie se déroulerai comme tu veux tu te ferai chier et tu passerai ton temps a te plaindre » Faudra que j’essaye un jour quand même. Quoique… Si je fais ca Murphy ne pourrai plus faire valoir sa loi…

Bref je vis dans le dugout de Justin, tout comme l’année dernière. Au moins ca me donne une adresse et un téléphone fixe et une température inférieure a 24 degrés quand la porte est fermée.

Niveau mine c’est pas ca du tout. Alex bosse avec son fils, Goran attend sa nana, moi du coup personne pour bosser avec. La richesse n’est pas encore la. Me reste le nettoyage des opales quand ces messieurs en auront trouvé…

Du coup j’en profite pour mettre de l’ordre dans les papiers de Justin, ayant un an de retard sur sa comptabilité. Secrétaire, une bordélique comme moi ? C’est le coté obscure de la force…

Outre ca, je travaille depuis deux semaines dans un des pubs locaux, l’Opal Inn.

Ah oui à Coober tout les noms sont Opal, miner ou underground quelque chose. Y a même un Underground Hair dresser qui n’est absolument pas sous terre mais ca fait mieux, et un Underground Cafe qui est fermé depuis 2004.

Bref je suis barmaid à l’Opal Inn. On m’avait promis 36 heures par semaines. Mais Murphy me suivant comme une ombre, j’en fais moins. Beaucoup moins.

Le premier soir JE suis devenue l’attraction locale. Le retour du tuviensdouquestcequetufaisla… J’ai été présentée à toute la ville.

-Hi scuse me you’re new here ? What’s your name

-Anna. Your’s ?

-Jimmy. Nice to meet you

-Yeah Jimmy of course

Tout le monde s’appelle Jimmy à Coober. Ca vient de Dimitrios. Invasion grecque il y a une trentaine d’année quand une des familles a trouvé une méga richesse et a invite tout le pays a la partagé. Range tes cours de japonais mémère et ressort ceux de la langue d’Hercule.

Le deuxième soir ils étaient tous amoureux de moi. Deux invitations à dîner, une demande en mariage…L’Happy Hour fait des ravages et heureusement ne dure que deux heures. J’ai aussi hérité d’un pilier de bar : Jimmy (le jeune), qui peut passer des heures à me dire qu’il me comprend tout à fait et que j’ai complètement raison. Avant même que je n’ai ouvert la bouche. Très fort. D’un autre cote il y a tellement de monde dans cette ville que y a certains soirs c’est le seul client. C’est dingue comme certaines heures sont plus longues que d’autre…

La semaine d’après ils m’ont fait bosser au Lounge Bar au lieu du pub. Même taf. Mais beaucoup beaucoup moins de clients. Ah si y a Jimmy, qui a la gentillesse de venir me tenir une compagnie qui pourrait très bien se tenir toute seule. Et mon fan club de petit vieux qui m’aime mais l’Happy Hour c’est next door. Et le vieux Jimmy (un autre) qui vient juste de rentrer de Thailand ou il a acheter une femme et que c’est dommage si j’avais été là deux semaines plus tôt c’est nous qu’on se serai marier en Thailand.

Mes collègues ca va. J’apprends a écouté celles qui se plaignent que personne ne les aime et que tout le monde et tellement stupide, ne pas déranger celles qui sont au téléphone, ni les mecs en contemplation devant l’art en mouvement.

Mes patrons ? Un couple charmant. Gary n’a peur que d’une chose : s’il me fait bosser plus je vais gagner plus et donc partir plus vite. Ce à quoi je réponds que ca dépend si il signe mon sponsorship je pourrais bien rester 1 an ou 2 de plus… Affaire à suivre

(oui je me souviens d’un certain ami binoclard qui disait que j’allais tomber amoureuse de ce pays et vouloir y rester. Oui je me souviens avoir répondu jamais de la vie. Oui je reconnais avoir mentit)

Quoi d’autre ? Le ménage. Je bosse aussi pour Kate, la femme de Gary qui s’occupe de l’hôtel. Programme : faire les lits et nettoyer les chambres. J’apprends à faire des lits d’hôpitaux tellement jolis et bien fait que pour rentrer dedans faut le vouloir et être dote d’une force spéciale.

22 $ / heure, j’espère bientôt avoir assez d’heure pour me faire assez de thune…pour enfin acheter ma moto. Parce que CA ca me manque. Plus que les potes, le saucisson et le camembert qui coule. C’est mon objectif fixé et indéfixable : je ne quitte pas Coober sans moto. Mais du coup plus le temps pour le drive in.

Le bilan donc un mois et deux mouches avalées après ?

Plein de projet.

J’ai enfin découvert pourquoi fallait pas mettre le doigt dans le nez : ca passe pas, y a trop de poussière. Du coup j’ai réappris à respirer par la bouche la main devant pour éviter la poussière et les mouches d’entrer.

Me suis remise au sport (enfin ca c’est la théorie et c’était valable les deux premières semaines dans la pratique quand je ne bosse pas mon corps se retrouve incompréhensiblement allonge devant la télé, la main sur la zappeuse).

Je passe pas mal de temps à essayer de vendre mes photos sur le net.

Je me suis remise a la cuisine, fabriquant moi même les aliments de base qui sont hors de prix dans le désert : yaourt, pain et compote de pomme. 

Autre découverte : y a pas de carambars en Australie. Ca c’est con.

Kilhal

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